En cette période de forte inflation, le Ministre du Travail, Jean-Pierre FARANDOU, a récemment annoncé une revalorisation du SMIC autour de 2,4% à compter du 1er juin 2026. Cette augmentation automatique fait suite à la reprise de l’inflation, à 2,2% sur un an en avril.
Le fonctionnement du SMIC :
Le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) correspond au salaire horaire minimum légal en dessous duquel un salarié ne peut pas être rémunéré. Il s’applique à tout salarié majeur, quel que soit la forme de sa rémunération (au temps, au rendement, à la tâche, à la pièce, à la commission ou au pourboire).
Autrement dit, le SMIC constitue un seuil « plancher » en dessous duquel le salarié ne peut pas être rémunéré.
En cas de non-respect par l’employeur, celui-ci peut être condamné à une amende d’un montant de 1 500€. Il pourrait également être condamné à verser au salarié lésé des dommages et intérêts.
Concernant le montant du SMIC, celui-ci est amené à évoluer d’année en année, notamment au regard du niveau de l’inflation.
La revalorisation du SMIC :
En principe, le SMIC est revalorisé tous les ans au 1er janvier de chaque année.
Cependant, le code du travail, dans son article L3231-5, prévoit également que le SMIC augmente automatiquement lorsque l’indice des prix à la consommation (IPC) progresse d’au moins 2% depuis la dernière revalorisation.
En l’occurrence, l’Insee a indiqué le 13 mai 2026 que les prix à la consommation ont augmenté en avril de 2,2% sur un an (+1% sur un mois).
Ainsi, au 1er juin 2026, le SMIC évoluera comme suit :
• SMIC horaire : 12,31€ brut
• SMIC mensuel : 1867,02€ brut
Une telle revalorisation correspond alors à une hausse effective de 2,41%, ce qui conduit à un SMIC net mensuel à 1477,93€.
Conséquences de l’augmentation du SMIC pour les CSE :
L’augmentation du SMIC va avoir deux conséquences principales pour les CSE :
• Augmentation des minimas dans l’entreprise
• Augmentation des budgets du CSE
En tant que représentant du personnel, les élus ont tout intérêt à veiller à ce que l’employeur respecte l’augmentation du SMIC, pour le bien des plus bas salaires de l’entreprise. En matière de rémunération, le CSE peut demander des informations à l’employeur. Lorsqu’une BDESE (base de données économiques sociales et environnementales) est mise en place dans l’entreprise, celle-ci doit mentionner les données chiffrées relatives à la rémunération des salariés, notamment les évolutions salariales par catégorie et par sexe, le salaire de base minimum ainsi que le salaire moyen ou médian. Les élus ayant un accès libre à la BDESE doivent pouvoir y constater cette augmentation du SMIC.
D’un autre côté, les budgets du CSE, ou tout du moins, le budget de fonctionnement du CSE est calculé en fonction d’un pourcentage de la masse salariale de l’entreprise. Dans les entreprises de 50 à 1999 salariés, le budget de fonctionnement est fixé à 0,20% de la masse salariale, puis 0,22% à partir de 2000 salariés. Ainsi, mécaniquement, l’augmentation du SMIC va avoir pour effet d’augmenter la masse salariale des entreprises dont les salariés ou une partie sont rémunérés au niveau du SMIC. Dès lors, le budget de fonctionnement du CSE augmentera également. Il en ira de même concernant le budget des oeuvres sociales si celui-ci est calculé en fonction de la masse salariale de l’entreprise.
En conséquence, l’augmentation du SMIC pourrait s’avérer être un coup de pouce pour les budgets des CSE.

