Un certain nombre d’entreprises font appel au travail en équipes successives alternantes. Les raisons sont diverses. Elles peuvent être techniques (impossibilité d’arrêter les machines dans le secteur du nucléaire par exemple), commerciales (pour assurer l’accueil des clients dans les hôtels ou des patients dans les hôpitaux) ou encore économiques.
Selon l’INSEE, entre 1.5 et 1.6 millions de salariés, soit 6% des salariés travaillent en équipes successives alternantes.
Qu’est ce que le travail en équipes successives alternantes ?
Il s’agit de tout mode d’organisation du travail, appelé plus communément « travail posté » selon lequel un collectif de salariés occupe successivement les mêmes postes de travail sur une période donnée et selon un certain rythme rotatif continu ou discontinu. Le travail en équipes successives peut inclure des horaires variés, tels que des horaires de jour, de soir ou de nuit, Plusieurs équipes se succèdent pour assurer une activité continue de l’entreprise sans interruption.
Sont par exemple concernés le travail posté tel que le 3×8, le 2×8, le 4×8, le 5×8 ou encore le 2×12.
Les chevauchements d’horaires ou les « temps morts » n’empêchent pas de qualifier l’organisation de travail en équipes successives alternantes.
Des avantages salariaux et personnels
Le travail posté entraîne des horaires décalés qui ont un impact sur la rémunération du salarié. Ce dernier bénéficie de primes spécifiques telles que des primes liées au travail de nuit ou encore des primes liées au travail les week-ends et jours fériés.
De plus, certains salariés trouvent que le travail en équipes successives alternantes présente des avantages personnels notamment pour les enfants. Un salarié qui travaille de nuit peut plus facilement assurer la garde de ses enfants la journée.
Mais aussi des effets néfastes sur la santé du salarié
Le travail en équipes successives alternantes n’est pas sans conséquence sur la santé. Il peut provoquer un isolement social professionnel et/ou familial, de la fatigue, des troubles du sommeil, un déséquilibre métabolique, de l’anxiété, des maladies cardiovasculaires etc.
C’est pour cela que le travail posté entre pleinement dans le dispositif du compte professionnel de prévention (C2P).
Toutefois, pour pouvoir bénéficier des points de pénibilité au titre du travail en équipes successives alternantes, soit 4 points par an, le travail en équipe doit impliquer au moins 1 heure de travail entre minuit et 5 heures pendant au minimum 30 nuits par an.
Une obligation de sécurité de l’employeur
Que le salarié bénéficie du C2P ou non, l’employeur a l’obligation d’évaluer les risques professionnels auxquels sont confrontés les salariés travaillent en équipes successives alternantes.
Il a aussi l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Pour cela, l’employeur doit mettre en place de la prévention. Il pourrait très bien organiser une vitesse de rotation rapide (tous les 2/3 jours), éviter les postes de longue durée ou encore mettre en place des salles de repos dédiés à la sieste pour les salariés en poste de nuit.

